Lake Tahoe - Death Valley
- Las Vegas
Nous nous levons dans une tempête de ciel bleu et
dans la fraîcheur matinale du lac Tahoe, le terrain
est à plus de 6000ft mais heureusement avec une
piste qui fait 3km.
Le paysage devient de plus en plus
aride, mais reste très montagneux. Nous devons grimper
vers 8500ft pour passer certains cols.
Premier stop (si l'on peut dire...)
est au dessus de Mono Lake avec ses concrétions
de lave tout autour; quelques virages, photos à
gauche et photos à droite. Décidément ce Diamond
Star tourne parfaitement bien et les virages à plus
de 45 degrés sont sans à-coup et agréables.
Au vu de la topographie du terrain, nous avons quelques
difficultés pour contacter les fréquences radio.
Nous n'avons pas réussi à ouvrir notre plan de vol.
Nous approchons de zones MOA (Military Operations
Area), zones d'entraînement militaires, mais dans
lesquelles les VFR sont autorisés. Là encore les
fréquences radio ne sont pas toujours faciles à
atteindre et après 15 minutes de flight following
avec Josuah Approach le contrôleur nous annonce
qu'il va nous perdre sur son radar et le standard
« resume you own navigation » tombe. Pas de problème
même si les VOR ne sont pas faciles à crocher à
cause du relief, les vallées sont bien reconnaissables
et notre Garmin 530 nous confirme notre position.
Et voilà au fond la Death Valley apparaît. C'est la
somme des « plus » des Etats-Unis : Le plus chaud,
le plus bas, le plus sec...
La descente qui dure près de 20 minutes
dans Death Valley est exceptionnelle, Jean Claude
et moi avions déjà visité cet endroit avec nos familles
respectives, mais d'y retourner par les airs, c'est
encore un autre rêve qui se réalise.
Au lieu de donner les vitesses en
approche, cette fois on a décidé d'annoncer les
tempé- ratures ! Les chiffres vont s'égrener à mesure
que nous perdons de l'altitude. Des 14 degrés que
nous avions à 8500ft, ...20... puis 25 puis 30,
31, 32, 33, 34, 35 et des pointes à 36 juste après
l'atterrissage.
Nous sommes bien loin du trafic de Los Angeles et
de San Francisco, et c'est le N440JP tout seul qui
s'annonce en approche sur Furnace Creek (l'un des
deux terrains de Death Valley). Une magnifique piste
en dur de 1KM (heureusement car il va falloir un
peu de place pour décoller avec cette chaleur).
Et nous voici posé à -232ft par 36 degrés. On est
content de ne pas être en plein été.
Le terrain est perdu au milieu de
nulle part, mais un téléphone permet d'appeler le
gardien du coin qui vient nous faire du refueling.
Et un van nous amène dans le ranch d'à côté. En
fait de ranch c'est un motel ou les cars de touristes
se déversent. Nous mangeons un buffet bof bof au
milieu d'un flot de touristes français et repartons
rapidement vers des altitudes plus clémentes, dans
tous les sens du termes ;-).
La prochaine étape doit nous permettre
d'atteindre Las Vegas en un vol d'environ une heure.
La préparation de Jean Claude est soigneuse, la
région est très chargée, l'approche nous fera tra-verser
les class Bravo de l'aéroport international de Vegas.
Nous poserons au Nord sur le petit terrain de North
Las Vegas qui a 3 pistes de 2 à 3 km (donc la taille
de Zurich Kloten !)
Jean Claude contacte l'approche et là un miracle se
produit. Au lieu de suivre les routes d'arrivée
qui passent à l'écart de la ville, le contrôleur
nous donne du radar vectoring qui nous amène sur
l'aéroport international, et au dessus du centre
ville. Nous voyons par-faitement les hôtels connus
comme la Pyramide, la tour Eiffel, etc... C'est
encore un grand moment aéronautique, mais comme
toujours c'est éphémère et nous voilà déjà posés
à North Las Vegas.
Nous cherchons un hôtel proche de l'aéroport, car....
non ce soir nous n'irons pas au casino mais nous
repartons voler. Du vol de nuit sur Las Vegas il
fallait quand même essayer.

Nous préparons la machine pour notre expérience
nocturne, heureusement cette fois toutes les lampes
fonctionnent correctement. Le tableau de bord illuminé
du Diamond Star est tout simplement superbe, presque
trop lumineux pour permettre à nos yeux de s'habituer
à l'obscurité quoi que... qui parle d'obscurité...
Nous voulons bien sûr survoler le
centre ville de Las Vegas de nuit, et rien de moins.
Il y a une route de départ VFR, la Showboat qui
traverse effectivement le nord du centre de Vegas
à 4000ft, c'est parfait et nous demandons donc au
Ground une « Showboat departure».
Taxi, alignement, et take off runway 12 right puis
virage à droite au cap 220. Les choses s'enchaînent
parfaitement bien, la tour nous passe sur la fréquence
departure et là pas de problème "your are clear
to Bravo Airspace via Showboat departure, maintain
4000ft" c'est la totale !!! Traverser Las Vegas
de nuit est tout simplement fabuleux. Le Strip s'illumine
d'une débauche d'enseignes, on y voit presque comme
en plein jour. On ralentit au maximum la vitesse
de l'avion pour profiter le plus longtemps possible
de ce spectacle qui doit certainement valoir Céline
Dion qui elle joue juste en dessous. Mais déjà nous
sommes à la fin de notre route de départ et la transition
est brutale, au dessus d'un lac il fait maintenant
vraiment nuit noire. Nous demandons donc un virage
à 180° et une « Showboat arrival » (ben évidemment....)
Les contrôleurs comme toujours au service des pilotes
ne posent aucun problème, un nouveau heading et
nous revoilà à retraverser Vegas de nuit.
Déjà la piste s'illumine au fond, downwind 12 right,
et une longue finale pour profiter au maximum de
cet instant magique. Nous sommes au sol après quand
même une petite heure de vol.
De retour devant l'hôtel Jean Claude
décide que même après un vol de nuit Las Vegas sans
voir le Strip depuis la terre ferme n'est pas Las
Vegas. Nous voilà donc partis en taxi au centre
ville, où cette fois nous pouvons admirer la débauche
de lumière depuis le sol. De temps en temps notre
regard se perd sur les avions et les hélicoptères
qui continuent de parcourir le ciel. Mais un gargantuesque
buffet nous remet défi-nitivement les pieds sur
terre et sans avoir gagné des millions de dollars
mais avec des millions de souvenirs, nous regagnons
notre hôtel pour une nuit bien méritée.
Las Vegas
- Grand Canyon - Bryce Canyon - Lake Powell
Ce matin Pierre Henri n'a même pas
entendu son réveil, il est 7:30 et le rendez-vous
est à 7:30. Douche à la vitesse grand V et les deux
compères se retrouvent pour le petit déjeuner.
Il faut savoir que l'entrée des hôtels
de Las Vegas se fait évidemment par les machines
à sous et les jeux et ce n'est qu'après avoir traversé
de nombreuses salles que l'on trouve au fond du
bâtiment l'hôtel lui-même.
Et bien à 7h du matin il y a toujours...
ou encore.... des joueurs en pleine activité et
scotchés devant leurs bandits manchots.
Nous parcourons à pied le mile qui nous sépare du terrain.
Ce matin il faut quant même payer une taxe. Nous
sommes sur un grand terrain, nous avons utilisé
un balisage de nuit, il y a le handling pour le
refueling ainsi que le parking pour une nuit, c'est
donc une facture de ... 5 USD ... qui nous attend.
No comment !
Nous voilà déjà clear for take-off
pour de nouvelles aventures.
Nous commençons par refaire la Showboat
departure de jour, c'est définitivement moins impressionnant
et cap à l'est pour s'approcher du Grand Canyon.
Il y a de très nombreux trafics pour
les vols "sight-seeing" de Vegas au Grand Canyon
et nous demandons un flight following.
Et ça marche autrement que sur certaines
fréquences de pays voisins... Un "vector for trafic
turn 10 degree left" un "suggest to climb to 10'000ft
(nous étions à 9500ft) for traffic avoidance" ça
roule comme sur du papier à musique malgré un trafic
intense.
Après 30 minutes de vol, le Grand Canyon commence
à se dessiner au loin. Cette région est très protégée
et la hauteur générale minimale est de 14'500ft
(ce qui sans oxygène est vraiment limite) Mais il
y a quelques couloirs qui permettent des traversées
dès 10'500ft ou 11'500ft suivant la direction.
Nous faisons donc deux traversées
du grand Canyon, qui se passent de tout commentaire,
c'est encore et toujours fabuleux.
- |
Le Colorado brun rouge au fond de ces
gorges profondes, des falaises de plusieurs
centaines de mètres, on dirait vraiment
un décor construit en papier mâché. Comment
la nature a-t-elle pu fabriquer de telles
merveilles ? |
Nous approchons du terrain de Grand
Canyon (où il y a 15 ans Pierre Henri décollait
avec sa femme et sa fille pour un vol local, si
à l'époque il avait imaginé y retourner aux commandes
d'une machine!)
Une très jolie approche sur ce terrain
bordé de forêts, et comme toujours le service est
là. On nous conduit gracieusement à la ville (si
on peut appeler cela une ville) mais où nous mangerons
une super plat mexicain. D'ailleurs les turbulences
de l'après-midi le rappelleront à notre bon souvenir.
3 heures de l'après-midi, changement de pilote et
départ pour le Lac Powell avec un détour par le
Nord pour visiter Bryce Canyon.
Après une nouvelle traversée du Grand
Canyon il faut environ 1 heure de vol pour rejoindre
Bryce Canyon. Un nuage bien noir juste
devant nous permet de nettoyer le pare-brise et
derrière, les sculptures de Bryce Canyon se découvrent
sous le soleil. Ce site est très différent de ce
que nous avons vu le matin. Le côté gigantesque
et majestueux du Grand Canyon est remplacé par de
fines dentelles blanches et ocres.
Nous effectuons un atterrissage juste
pour le plaisir de poser sur le terrain de Bryce
Canyon et repartons vers le Sud pour rejoindre le
Lake Powell. Il est passé 4 heures, les couleurs
chaudes et l’éclairage rasant de la fin de l'après-midi
magnifient encore plus les formes les plus originales
sur ce désert déchiré.
Après 30 minutes de vol, le lac Powell
surgit au loin. Ces contours tortueux (en calculant
la longueur de ses rives, le contour du lac fait
plus de trois mille kilomètres), et cet éclairage
de début de soirée nous permet d'admirer ce lac
et ses rives grandioses.
Nous resterions bien des heures à
admirer ces paysages, mais terminons la descente
vers l'aérodrome de Page au bout du lac. Le service
est comme à son habitude très attentionné. On nous
attache l'avion, nous amène au terminal dans une
petite voiture électrique, et on nous transporte
à notre hôtel dans le shuttle de l'aviation générale.
Et pour ce service, il suffit de faire le plein
!
La journée se termine par un resto
chinois absolument quelconque.